E-commerce : avant de se lancer, évaluer ses besoins financiers

E-commerce : avant de se lancer, évaluer ses besoins financiers

Si la morosité économique que connaît la France et certains pays européens a une influence néfaste sur l’emploi, force est de constater qu’elle encourage  bien des personnes à franchir le pas, et à lancer leur boutique en ligne.

Cependant, nous retrouvons hélas parfois bien de ces entrepreneurs du web quelques mois ou années plus tard, sur les bancs du Tribunal de Commerce, pour enregistrer la cessation de leur activité. Très souvent aussi, et après leur questionnement, il est bon de se rendre compte que ce n’est ni la motivation qui a fait défaut, ni leur foi dans leur projet… mais simplement l’absence ou la sous-estimation des besoins financiers liés à l’activité.

Loin d’être une check-list exhaustive , ce nouvel article dresse un inventaire des points importants, à ne pas oublier avant de lancer son activité sur internet, et permettra sans doute d’éviter les pièges les plus fréquents dans lequel tombent les jeunes entrepreneurs du web parfois trop fougueux !

La boutique en ligne

La solution qui va être retenue pas le nouvel entrepreneur du web va conditionner une partie de son succès, et force est de constater qu’il n’existe pas LA réponse universelle concernant le choix de la boutique en ligne. Si le « prix » de la mise en production d’une boutique en ligne est un point qu’il ne faut pas négliger, ce serait faire fausse piste que de se focaliser uniquement que sur ce point.

Aussi, il est important, tout du moins dans le cadre d’une démarche préliminaire, de faire abstraction du prix de la boutique et de se concentrer sur un cahier des charges. La rédaction de ce cahier des charges, qui fera l’objet d’un autre article, va se focaliser notamment sur des points tels les fonctions de base et avancées de la boutique (produits, rayons, catégories, moteur de recherche), l’ergonomie front-office et back-office… mais aussi, sur des fonctionnalités qui désormais ne sont plus à négliger :

  • la gestion du référencement internet
  • l’intégration simple des produits sur des places de marché
  • les fonctions de partage sur les réseaux (notamment Open graph…)

La rédaction d’un cahier des charges est donc impérative. Dans cette phase de travail, il ne faudra donc pas hésiter à se faire assister par des professionnels d’internet, et à être curieux. Bien des forums existent, et les différents messages et sujets permettent de commencer à se forger un avis.

Concernant le choix de la solution en ligne, il fera l’objet d’un nouvel article très prochainement, tant le sujet et vaste dans un marché où les pires solutions, côtoient les meilleures.

Le lancement promotionnel de sa boutique en ligne.

Votre site est terminé, il est en ligne, vous l’avez même optimisé pour le référencement, mais au bout de quelques jours ou semaines vous n’avez pas encore enregistré de vente ? Peut-être est-il temps d’investir dans de la publicité en ligne ?

Là encore, il est important, avant de lancer son site internet et son activité sur la Toile, de mener avec soin une étude de marché poussée. Encore une fois, et en matière d’étude de marché, il est impératif de ne pas se cantonner qu’au prix de vente et essayer tant bien que mal de se positionner « moins cher », tout en tentant de se constituer tant bien que mal une marge.

Une telle étude, uniquement basée sur le prix de vente et le prix d’achat serait trop sommaire… car qui va venir acheter un produit sur une boutique qui n’est pas visible.
Si on peut faire confiance au SEO pour obtenir une visibilité à moyen et long terme, le recours à du référencement payant semble incontournable si vous ne bénéficiez pas d’une exclusivité sectorielle et géographique.

Aussi, et une fois votre première étude de marché menée, et que vous avez déterminé vos perspectives de ventes, et donc la marge brute, le moment est venu de se poser et de se demander concrètement quels sont les leviers qui devront être actionnés pour atteindre le chiffre d’affaires escompté, et donc en échos quels vont être les coûts d’actionnement de ces leviers.
Il est tout à fait possible de dresser une liste standard des leviers marketings qui peuvent être utilisés pour assurer une promotion immédiate de son activité sur la Toile (Google Adwords, comparateurs de prix…), cependant, il est bon de ne pas oublier que chaque secteur d’activité a ses spécificités au niveau de la communication. Seule la veille concurrentielle permettra de dessiner avec grande exactitude les contours de la promotion internet que vous pourrez déployer.

Une fois ces canaux et leviers déterminés, à la lumière de la marge brute dégagée, interviendront des notions telles que « le coût d’acquisition d’un client », le calcul du Retour sur Investissement. Rapidement se dégagera le budget que vous pouvez allouer à la promotion de votre activité. Il conviendra ensuite de mettre en place une ventilation prévisionnelle de la somme allouée.

Les stocks… trop ou pas assez !

Si vous ne commercialisez pas des prestations de service, la gestion des stocks est un sujet épineux, et cela qu’il s’agisse de matières premières, ou de produits finis. Cette gestion tend même à se complexifier avec la gestion de produits ayant des dates de péremption.

Nous nous doutons tous de l’impact que peut avoir la gestion des stocks sur la pérennité de l’entreprise :

  • trop peu importants, ils entraînent inexorablement la rupture de stock, et la perte de clients pour commandes non-honorées
  • trop importants, ils sont une immobilisation de trésorerie qui peut venir porter atteinte au fond de caisse de l’entreprise, et ne pas lui permettre d’honorer ses engagements immédiats. Inutile de dire que dans le cas de matières premières périssables ou produits ayant une date de péremption, un stock trop important constitue une vraie bombe à retardement pour l’entreprise, qui s’expose au risque de devoir détruire ses produits s’ils ne sont plus propres à la consommation.

Aussi, et lors de l’étude de marché, il conviendra de s’interroger sur le stock optimal à conserver en entreprise. Par stock optimal, il est entendu :

  • un stock qui permet d’honorer sans délai les commandes
  • un stock qui permet de ménager la trésorerie souvent fragile d’un jeune entrepreneur du net
  • un stock qui permet de bénéficier d’une économie d’échelle (remise quantitative), et d’une optimisation de la répartition des charges fixes ou semi-variables (frais de port…)

Encore une fois, et pour cette mission de détermination du stock optimal, il est recommandé de faire une veille concurrentielle sérieuse, qui permettra de déterminer ou d’imagine le plus précisément possible les pratiques des concurrents.

Il est à noter que pour la détermination du volume d’un stock initial, il est possible de faire entrer en ligne de compte le point vu précédemment, à savoir la voilure du plan promotionnel prévu au lancement de l’activité.

Enfin, le recours au drop shipping peut être une excellente solution pour débuter son activité !

La rémunération du chef d’entreprise

Beaucoup de futurs entrepreneurs du web, sautent par dessus la case de leur rémunération, pensant que leur rémunération se constituera « à la fortune du pot », c’est à dire au gré de la croissance de l’entreprise.

Si il est vrai que lorsqu’un entrepreneur va défendre son business-plan auprès d’une banque, le fait de sacrifier sa rémunération au profit de l’exploitation tend parfois à augmenter la crédibilité et la foi de l’entrepreneur dans sons projet, cette situation n’est en fait pas saine.

Aussi, et bien avant le lancement de l’activité, il sera important, voire impératif de fixer une rémunération (qui peut être modeste, mais crédible) et de prévoir ensuite à court, moyen ou long terme une augmentation de cette dernière, en se basant sur les projections de croissance.

Il est bon de rappeler que même un entrepreneur passionné a besoin d’argent pour faire face à ses charges, et que la passion, qui est un moteur professionnel de croissance, ne règle pas les factures !

Financer la croissance !

Alors que nous évoquons le lancement d’un projet, la création d’une entreprise, n’est-il pas déplacé de parler de financement de la croissance ? La réponse est non !

Si l’entrepreneur du web a la foi en son projet, et désire l’inclure dans la longévité, la démarche devra être la suivante :

  • dans un premier temps, atteindre le point d’équilibre : celui qui permet à l’entrepreneur du web de régler ses charges, de s’octroyer une rémunération…
  • dans un second temps, et pour une durée plus ou moins étendue, stabiliser son entreprise
  • dans un troisième temps, mettre en place une stratégie de croissance

Aussi, lors de l’établissement du business-plan, il est recommandé d’inclure, par prudence, mais aussi par goût du challenge et motivation, les charges inhérentes à la croissance. Prévues dans un premier temps, provisionnées ensuite dans un second temps lors de l’exploitation du site, ces « dépenses provisionnées » peuvent éviter :

  • l’asphyxie de l’entreprise qui a besoin de fonds, mais ne jouit pas assez de crédibilité auprès de tiers pour en trouver
  • le recours au prêt bancaire ou à une levée de fonds

Par exemple, parmi les dépenses que l’on peut retenir dans le poste « financement de la croissance » on pourra évoquer :

  • le rafraichissement du site ecommerce
  • le recours à des consultants en intervenants pour dynamiser la vie de son site
  • le recrutement de personnel pour consolider les effectifs
  • la constitution de stocks plus importants

Il ne faudra jamais oublier que tout comme le lancement d’une activité e-commerce se budgétise, se planifie, la croissance et la budgétisation qui lui est assortie ne doit pas être négligée.
Voilà donc quelques points de repère importants, souvent peu/pas considérés lors du lancement d’une activité internet. Cet article n’est pas exhaustif et pourrait être complété avec bien d’autres points. Il s’agit ici surtout d’un focus sur des points spécifiques au e-commerce. Il est en effet important de considérer qu’avec la simplification des formalités pour créer une entreprise, et la vulgarisation des solutions pour créer une boutique en ligne, beaucoup de e-commerçants pensent que seule la ténacité, et la volonté suffisent… Cependant, elles ne sont pas toujours suffisantes.

Enfin, il est aussi bon de rappeler qu’il est recommandé, en cas de doute avant le lancement de sa boutique en ligne, d’avoir recours à des spécialistes et consultants. Citons par exemple les experts-compatbles, les juristes, les SEO managers… les prestations qu’ils peuvent vous proposer sont parfois onéreuses, mais souvent bien moins chères que les erreurs que vous pourriez commettre et qui peuvent mettre en danger l’avenir de votre entreprise et de votre site internet.