Adwords… le 2eme Amendement de la Constitution Google

Adwords… le 2eme Amendement de la Constitution Google

C’est en 2011 que Google a célébré avec entrain les 10 ans de son produit phare : Google Adwords. Devenu aujourd’hui un « incontournable » du e-commerce, la régie de diffusion Adwords tend même à faire de l’ombre à son indésirable cousin : le référencement naturel (SEO).


Adwords : Histoire d’une (Success) Money Story

L’histoire d’Adwords débute en 2001 au cœur des laboratoires de Recherche et Développement de Google. Le jeune moteur de recherche, qui vient alors de fêter son troisième anniversaire, et sa trois milliardième page indexée a alors un objectif: proposer un outil permettant aux webmasters de s’affranchir de tous les intermédiaires, pour promotionner leur activité sur internet. Exit les bannières criardes, et les compositions graphiques : la firme californienne implantée dans la Silicon Valley veut offrir aux propriétaires de site un retour aux sources : un message texte, composé d’un titre de 25 caractères, de deux lignes de texte de 35 caractères, et d’une URL de destination.

Depuis ce lancement, le « produit Adwords »  a parcouru bien du chemin, et a contribué grandement à l’expansion de Google, comme en témoignent les dernières données comptables de la firme américaine

  • Chiffre d’affaires 2010 : 26.651 milliard de dollars
  • Résultats nets : 6.971 milliards de dollars

… des chiffres impressionnants, vertigineux, et qui donnent beaucoup de grains à moudre aux économistes, qui dans une très récente enquête, ont révélé que seulement 3 jours de chiffres d’affaires de la régie Google suffiraient à éradiquer la faim en Afrique pendant une année. Google est devenu, en l’espace d’une décennie aussi puissant qu’un état, et cela en basant sa richesse sur de petits montants unitaires, mesurés en centimes d’euros, mais qui à l’échelle planétaires constituent une manne financière extraordinaire.

Le Roi du web… pour 10 centimes :

Comme pour l’ensemble des produits estampillés Google, les développeurs se sont attachés à offrir à Adwords une interface édulcorée, légère, et surtout simple ! Simplicité : tel est toujours et encore le leitmotiv de Google.

En effet, avec une carte bancaire, et en une poignée de minutes, il est possible, pour tout annonceur de mettre en ligne sa première campagne, et de s’extasier à la voir défiler sur les pages de résultats de Google.
Inutile de dire que la première sensation pour le e-commerçant est grisante : pour une poignée de centimes, voir son nom « en première page » DU moteur de recherche le plus utilisé au monde. Combien de webmasters  débutants se sont alors surpris à réaliser une capture d’écran, destinée à immortaliser ce « tableau de chasse ». Combien de webmarchands  ont aussi oublié, dans une vague d’euphorie, que chaque clic sur les 4 petites lignes affichées dans la page Google était facturé sur leur carte bancaire : 10, 15 ou 20 centimes. Les plus conscients s’en sont rendus compte mais après tout qu’est-ce que 10, 15, 20 centimes aujourd’hui…. Tout juste de la menue monnaie oubliée au fond d’une poche de pantalon, et destinée à s’offrir une boisson à la machine à café.

Les petits ruisseaux… font les grandes rivières

Mais soudain arrive le 30eme jour… et la première facture Adwords. Bien qu’électronique et « virtuelle » (écologie oblige !), les fonds réclamés sont quant à eux bien réels, et le réveil plus que douloureux.

Oui, si un clic n’a coûté que 10, 15, 20 centimes, ces derniers se sont accumulés au fil des minutes, des heures, des jours et des semaines. Suite à de multiples alertes par email, le budget quotidien a grimpé. Tout comme Midas  transformait tous les objets en or, le e-commerçant est devenu alchimiste, et sous l’impulsion du « partenaire » Google a transformé la petite pièce jaune en papier monnaie : le billet de 5 euros en est devenu un de 10 euros, petite coupure qui a laissé sa place à un billet de 20 euros, puis de 50 … tout cela comme par magie et enchantement… il faut dire que tout était « si simple »

Oui… tout était réellement simple : tout a débuté avec un email d’alerte signalant qu’une annonce n’était plus diffusée par manque de budget… un email avec un lien judicieusement placé conduisant à une interface conviviale avec un petit curseur à déplacer pour changer le budget de 5 à 10 euros, de 10 euros à 20 euros… l’effet enivrant de s’imaginer crouler sous les commandes des clients… l’addiction à voir le nom de sa société toujours en pole position dans les annonces, avec la sensation de poser ses lèvres sur le Saint Graal lorsque l’annonce apparait dans la zone « privilégiée »,oui cette petite zone colorée juste au-dessus des résultats de recherche.
Oui « tout » était si simple, et bien plus simple sans doute que de régler désormais une facture de plusieurs centaines d’euros… d’autant quand les résultats « miraculeux » promis ne sont pas là !

Vous dites…. « Deuxième amendement »

C’est en 1791 que les Etats Unis ont proclamé leur Constitution, avec ce fameux amendement, autorisant tous citoyens à posséder une arme. Cette disposition, très souvent objet de débats outre-Atlantique, prévoie que chaque américain peut disposer d’une arme pour protéger ses biens, et ses proches. A une échelle certes différente, Adwords peut être comparé à cette « arme » mise à disposition des cybercommerçants, afin de défendre leur  activité, et permettre à cette dernière de s’épanouir …. Tout comme une arme peut  neutraliser un agresseur, elle peut aussi se retourner contre son détenteur   : c’est hélas ce qui se produit parfois avec Adwords.